De nombreuses entreprises du bâtiment se sont engagées dans le marché de l’isolation gratuite des combles, murs intérieurs, cave, garage et vides sanitaires. Exemple avec les Artisans du réseau Thonin à Void-Vacon.

Les économies d’énergie ont le vent en poupe. C’est même un véritable business qui s’est créé en l’espace de quelques mois seulement autour de l’isolation thermique des habitations les plus précaires.

Le principe est on ne peut plus simple : un résident (propriétaire ou locataire) souhaite faire isoler ses combles, ses murs intérieurs, sa cave, son garage ou son vide sanitaire. Il fait appel à une entreprise spécialisée qui réalise les travaux. Cette dernière envoie la facture au Pôle national des Certificats d’Économies d’Énergie (PNCEE) qui, après avoir vérifié la conformité du dossier, paie l’entreprise via le financement des principaux pollueurs et fournisseurs ou revendeurs d’énergies – « des obligés » – parmi lesquels on retrouve des grandes entreprises comme EDF, GDF, Total…

300 chantiers par mois

C’est ainsi que la société Les artisans du réseau Thonin (ART) a vu le jour en juillet 2017. À sa tête Nicolas Benoît qui supervise une équipe de huit commerciaux et cinq administratifs : « Trois entreprises de BTP travaillent pour nous : Thonin Frères à Void, SBI à Ludres et Aubriat à Épinal. Avec elles, nous arrivons à réaliser jusqu’à 300 chantiers par mois sur l’ensemble du Grand Est. » Il faut dire que les concepteurs de ce dispositif ont placé la barre haut en multipliant quasiment par trois les objectifs de rénovation pour la période 2018/2020.

Pour décrocher autant de chantiers, Antoine Lambois, en charge de la communication, utilise une méthode toute simple : « Le bouche-à-oreille, le parrainage ou d’autres supports de com’. En clair, ce sont nos clients qui nous appellent et non pas l’inverse… On réalise systématiquement une visite technique préalable et on laisse courir le délai de rétractation de 14 jours à nos clients. »

Jean-François Thonin, actionnaire et financier d’ART, relève plusieurs difficultés autour de ce dispositif : « Le harcèlement téléphonique par des entreprises indélicates, la prise d’identité (ils disent travailler pour la mairie, le Département, l’État), la qualité des travaux réalisés, et le manque d’expertise globale des déperditions thermiques. »

50 % de grands précaires

Alors qu’en Meuse, pas moins de 50 % des résidents seraient fiscalement considérés comme « grands précaires et même jusqu’à 80 % de la population agricole selon des statistiques de la MSA », des freins sont mis en avant par Jean-François Thonin : « Les entreprises ne sont payées que 3 ou 4 mois après les travaux, il faut donc avoir de la trésorerie. Il faut une vraie structure administrative pour gérer les dossiers. Et enfin être suffisamment solide pour résister aux actuelles tensions sur les matières premières. »

50 %,  c’est le montant de la prise en charge des travaux pour un foyer dépassant le plafond fiscal. 80 % pour les précaires. 100 % pour les grands précaires…

L.M.

Retrouver l’article sur : https://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2018/04/09/isolation-gratuite-un-marche-en-expansion#0_0

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